Isabelle Guiard

BIOGRAPHIE

Musique

Issue d’une famille de musiciens classiques de grands-parents en parents puis de parents en enfants, petite dernière d’une grande fratrie, Isabelle Guiard, honteuse de ce vice transgénérationnel, trahit les siens en entrant au Conservatoire National Supérieur… d’Art Dramatique de Paris. Racine, Molière et Marivaux sauront les venger et la mettre à la torture trois années durant. Elle décroche cependant, le jour de sa sortie, le stigmate d’or grâce à son interprétation très personnelle du Petit Chaperon Rouge.

 

Elle s’adonne alors avec bonheur à ses penchants non familiaux, à la télévision et au théâtre, en incarnant toutes sortes de personnages, de Jeanne d’Arc à Marie-Antoinette, en passant par quelques demi-mondaine, vieille fille, coiffeuse, séminariste italien obsédé sexuel et autres « bonne espagnole». 

 

   Marcel et Céliny, mes grands-parents  

Elle participe aux expériences fougueuses et confidentielles de jeunes dramaturges, à la création d’un théâtre et à l’écriture de scenarii. Et dans le même temps, de micro en micro, elle pose sa voix sur des milliers de textes publicitaires et documentaires… Mais le syndrome familial couve. Même la coréalisation d’un documentaire sur Lourdes n’y pourra rien changer. Après avoir cru tourner le dos à ses origines coupables et tromper son monde, elle doit, avec Darwin, se rendre à l’évidence : les chiens font pas des chats ! Elle prend un jour conscience, non sans surprise, que, depuis de nombreuses années, tout en se présentant en tant que comédienne, elle travaille le chant lyrique et jazz, elle écrit des musiques de scène et des chansons, elle chante pour des téléfilms et dans des spectacles musicaux, elle s’accompagne au piano et a même fondé, avec son compositeur de mari Gérard Torikian, un quatuor vocal de jazz passablement déjanté : Louf Z’Hybride Concert ! Ebranlée par cette affreuse découverte, elle décide alors de se livrer à toutes ces honteuses activités au grand jour et de donner libre cours à ses multiples personnalités. Elle bénéficie jusqu’à aujourd’hui de la surpopulation des services psychiatriques et échappe, -mais pour combien de temps encore ?- aux traitements sévères requis par sa pathologie.